
Bulletin mensuel d'information sur les activités de la cade — octobre 2005 — n ° 8 4
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Débat du mois :
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« Les luttes pour l'eau en Afrique »
Editorial
« L'Afrique pauvre se presse aux portes de l'Europe »
Tel est le titre alarmant en première page du journal Le Monde du
samedi 8 octobre.
Il a fallu des morts à Melilla et à Ceuta,
enclaves espagnoles
au nord du Maroc, sur la Méditerranée, l'errance dans le désert marocain de près
d'un millier d'Africains subsahariens, sans parler de nombreux immigrés clandestins
naufragés en mer, pour alerter les pouvoirs
publics européens, notamment l'Espagne, première concernée, l'Italie et Malte,
et enfin pour mobiliser l'Union
Européenne.
Le Commissaire européen à la liberté, la
justice et la sécurité, Franco Frettini, a estimé, dans un
entretien à la Stampa, que « la force du désespoir est vraiment grande et que
l'Europe ne peut plus penser s'y opposer par des fils de fer barbelés ».
La réponse est strictement l'action pour le
développement
de l'Afrique, et le commissaire Frettini se dit d'accord avec l'idée lancée par Monsieur Pisanu, ministre italien de
l'intérieur, d'un plan Marshall pour
aider l'Afrique subsaharienne. La commission européenne doit adopter le mercredi 12 octobre, à l'initiative du Commissaire aux droits de l'homme,
Louis Michel, une communication
définissant une stratégie pour
l'Afrique et proposant « un pacte euro-africain
pour accélérer le développement de l'Afrique ».
Acceptons-en l'augure, mais il faut faire face à l'immédiat, et cela nous interpelle, nous
Français. Ce sont essentiellement
des Maliens, des Ivoiriens, des Congolais,
qui errent sans nourriture et sans réserves d'eau dans des zones désertiques où ils ont été conduits, manu militari et menottés par des
autocars marocains après leur
expulsion des enclaves espagnoles.
Maïs voyons la réalité en face : ils
reviendront. Il faudra organiser leur accueil, même temporaire, d'une manière humaine. Il s'agit de notre
honneur de nations qui se disent civilisées.
Le Secrétaire Général de l'ONU, Koffi Annan, vient de nous le rappeler.
Et puis, n'oublions pas la réalité
financière méconnue : en 2004, les fonds transférés par l'ensemble des migrants {officiels
ou clandestins) dans le monde représentent près de 150 milliards de dollars, trois fois plus que l'aide
au développement. Voici qui situe le niveau nécessaire de solidarité des pays
riches, même sans évoquer le
fait que le travail reste le mobile premier
des migrations et que notre économie en
a largement profité dans les années passées. Sans quoi, les migrants préféreront risquer la mort
aux « barrages des frontières ».
Bernard Monnier
La CADE célèbre son dixième
anniversaire
le mercredi 7 décembre 2005 à l'ENA
En organisant une
journée sur le thème « Images et trajectoire de l'Afrique »
Lire informations page 8
La Lettre de la Cade n°84 - Octobre 2005 page1
Compte-rendu de la rencontre-débat du 6 octobre 2005
Les luttes pour
l'eau en Afrique
La Cade, au moment où se succèdent des conférences mondiales et régionales sur l'eau et où se prépare le Forum Mondial de l'Eau à Mexico en mars 2006, a souhaité débattre, avec les principales parties concernées : organismes financiers, sociétés d'équipement, ONG, de la question de l'eau en se limitant à l'Afrique subsaharienne. Trois types de questionnements ont été abordés : celui des ressources et des besoins qui a été traité par Pierre Ribstein, hydrologue, professeur à Paris 6 ; celui de l'accès à l'eau et de ses aspects juridiques, techniques et sociaux, présenté par Alain Henry, Directeur des infrastructures à l'Agence Française de Développement et celui de l'implication des usagers, présenté par Laurent Chabert d'Hieres, de l'ONG « Eau Vive » et par Majda Bouchanine, de l'ONG « Amis de la Terre ». Cette rencontre a été animée par Michel Levante qui en a conçu l'organisation en collaboration avec Robert Ginesy.
Dans son introduction, Michel
Levante rappelle qu'au moment où on se
rend compte que les objectifs irréalistes
du millénaire ne pourront être tenus, il est important de réfléchir à certains aspects de gestion et d'implication des
usagers de l'eau en souhaitant que la
France soit en mesure de préparer un dossier incisif pour le Forum de Mexico. Le face à face proposé entre institutionnels et
ONG devrait permettre d'alimenter cette réflexion.
Ressources et
besoins
Pierre Ribstein fait un nécessaire rappel du cadre physique
qui conditionne la disponibilité de la ressource en eau en Afrique subsaharienne, continent affecté d'une forte
vulnérabilité liée à l'impact du climat. Le passage brutal et dramatique d'une
période humide (années
1950-60) à une période de sécheresse
(1970-90) a été parmi les plus forts
événements inter décennal observé
sur le globe le siècle dernier. Pour
évaluer les ressources en eau, on a besoin
de mesures, mais celles-ci se sont
considérablement dégradées entre les
années 40 et 80. La communauté internationale, à l'initiative de la France, a lancé récemment le programme
international AMMA (Analyse Multidisciplinaire de la Mousson) pour combler les lacunes. L'Afrique est en effet importante, non pas seulement du fait de sa
vulnérabilité, mais parce qu elle
fournit l'énergie disponible qui va
ensuite se répartir sur l'ensemble
du globe.
P. Ribstein
présente ses principales caractéristiques :
- Un seuil de vulnérabilité important : l'Afrique subsaharienne se situe dans
la zone où la disponibilité
en eau est inférieure à 2000 m3 par an et par habitant (d'après le Word Ressources Instituée, 2000). Donc, toute variation du climat aura des conséquences importantes dans des pays qui auront des difficultés à s'adapter.
- La quantité d'eau consommée par la population : moins de 50 litres par jour et par personne en Afrique subsaharienne (contre 500 aux Etats-Unis) tout en sachant que 40 à 50% de la population n'a pas accès à l'eau dans de bonnes conditions.
- La prévision de la demande en eau pour le siècle à
venir : elle est fonction de l'évolution démographique, de sa répartition et de
l'évolution des habitudes
alimentaires. Un élément méconnu est la
quantité d'eau nécessaire pour
produire des aliments : 1000 m3
par tonne produite pour le blé, 100 m3 pour la pomme de
terre, 13 000 m3 pour une tonne de viande (WWC, FAO, 2003).
L'évolution des pratiques alimentaires peut donc avoir des conséquences énormes
sur la disponibilité en eau. - L'évolution des prélèvements en eau au cours du dernier siècle : la demande en
eau a été multipliée par 6 en un siècle au niveau de l'ensemble de la planète alors que la croissance démographique n'a été multipliée que par 2 ou 3. Il y a donc une pression de plus en plus forte sur la ressource.
- L'augmentation de la température et ses conséquences sur
le climat et la disponibilité en eau : on
estime un accroissement probable de la
température de + 4°C dans les cent prochaines
années ce que les modèles climatiques traduisent par une diminution des précipitations de l'ordre de 10 à 20% mais avec un décalage entre les zones humides
qui deviendront plus humides et les zones sèches qui deviendront plus sèches. Cette prévision contient cependant une large
part d'incertitude.
- L'intensification de l'impact climatique sur le débit
des grands fleuves : à partir de l'exemple du fleuve Niger, P Ribstein indique qu'une
diminution des précipitations de l'ordre de 30% dans les décennies 70-90 a entraîné un
déficit de 60% des débits du fleuve.
Conséquences : à partir
d'illustrations très parlantes, P. Ribstein montre, au Niger, la
disparition de la brousse tigrée, de la savane arborée naturelle, des jachères, en
même temps que l'on a une forte augmentation des surfaces cultivées. Une autre
conséquence, au Sahel, est
l'évolution des réseaux de drainage : les
réseaux sont plus marqués que dans les années 50 et le nombre de mares augmente. Un résultat
paradoxal de ce changement de couverture
végétale et dans les modes de
ruissellement, est que le niveau des nappes phréatiques a augmenté considérablement. En effet, les eaux de précipitation, au lieu de s'infiltrer et d'alimenter les terrains, ruissellent vers des
mares d'où l'eau s'infiltre pour atteindre
la nappe souterraine. La sécheresse a également touché l'Afrique plus humide ce qui a eu pour conséquence, par exemple, la régression de
la forêt dense humide ivoirienne.
Mais d'ici à 2015, la pression démographique et l'impact anthropique auront plus d'influence sur la disponibilité en eau que le changement climatique. Par contre, la vulnérabilité des pays sera plus importante face à l'impact d'un événement climatique extrême.
Une première
discussion est engagée à l'issue de cet exposé. Un intervenant souligne la forte
croissance démographique du Niger. P. Ribstein précise que la disponibilité en eau liée à la présence d'un fleuve n'a pas de conséquence sur la ressource en eau pour les populations à l'intérieur du pays. Le même
intervenant évoque certains projets
pharaoniques visant à mieux distribuer
la ressource comme celui qui consisterait à déverser des eaux d'Afrique Centrale vers le lac Tchad en
cours d'assèchement. Ce projet, totalement
irréaliste, a peu de chances d'aboutir.
A une question posée sur la disparition
de la forêt ivoirienne, il est répondu
qu'il est difficile de faire la part respective de l'influence de l'homme et du climat. L'impact de la sécheresse sur les débits des
grands fleuves de l'Afrique humide est
moins évident qu'au Sahel. Il serait de l'ordre de 10 à 20% (contre 60% au Sahel).
La remontée du niveau des nappes phréatiques
peut donc être un atout et effectivement,
P. Ribstein estime qu'il faut privilégier l'usage des eaux souterraines
qui amortissent l'impact des variations
climatiques. Mais les coûts d'exploitation
sont plus importants.
L'accès à l'eau et les grands problèmes
d'équipement
Alain Henry aborde les questions d'accès à l'eau potable et à l'assainissement. En préambule, il indique que quand on parle de
l'eau, on parle de deux choses : le
cycle long (hydrologie, ressources en eau, usages agricoles...) et le petit cycle de l'eau (l'usage domestique). Les
usages agricoles et industriels
représentent 80% des usages. L'eau qui concerne directement le consommateur ne représente que 20% à peine de la ressource. L'eau domestique est l'un des objectifs de développement
du millénaire : d'ici 2015, nous devrons
réduire de moitié ceux qui n'ont pas
un accès durable à l'eau potable. Au
moins 40% de la population africaine n'a pas accès à l'eau potable et 50 à 60%, à l'assainissement. Les besoins sont donc considérables : besoins en argent, en savoir-faire, en construction d'infrastructures et en organisation sociale. A. Henry se propose
d'abord de rappeler les principes de
bonne politique sectorielle dont la
France se fait le promoteur sur la scène internationale, puis d'aborder les pratiques et les difficultés pour atteindre les objectifs, lors de la mise en place concrète de la lutte sur le terrain, pour que l'accès à l'eau et à
l'assainissement se développe au sein
de chaque communauté.
Les méthodes. Les politiques
sectorielles
françaises convergent avec celles des bailleurs de fonds internationaux. L'enjeu est énorme
car pour atteindre les objectifs du millénaire, il faudrait donner un accès durable et amélioré à l'eau à 400 000
personnes de plus par jour dans le monde. Ce chiffre, s'il est irréaliste, a au
moins la vertu de sensibiliser le monde aux objectifs fixés. Parmi les nombreuses
règles et bonnes pratiques utilisées dans le monde, A. Henry en retient quelques unes.
- Mettre en avant la nécessité, pour chaque
pays, de développer une politique sectorielle : évaluation des
besoins, des
capacités de mise en œuvre, d'organisation locale, d'association des différents partenaires locaux, associatifs,
privés, publics. Cette politique doit fixer
des objectifs et progresser avec des règles, des lois, des institutions.
- Le multi partenariat. La Banque Mondiale a
privilégié, au cours des dernières années, les partenariats public/privé. La France préfère y substituer la notion de multi partenariat car elle est consciente que la desserte des
populations urbaines, périurbaines, des
petites villes, des campagnes relève
de problématiques différentes.
Celles-ci nécessitent de faire appel
aussi bien aux systèmes associatifs,
aux collectivités locales, qu'aux entreprises
du secteur privé local. Une des batailles menées à la Banque Mondiale actuellement est de lui faire admettre la nécessité de faire appel à des sociétés privées locales et pas seulement
de lancer des appels d'offres internationaux.
- La place des collectivités locales. Il existe, en France, une tradition de gestion de ces collectivités. Tocqueville notait déjà, en substance, que les besoins d'une commune sont si nombreux, si variés, si divers, que seul le pouvoir local peut les comprendre, s'en saisir, et les gérer et qu'il faut donc un pouvoir communal. Il ajoutait « en Afrique, la tâche est immense, l'œuvre sera difficile ». L'introduction de ces collectivités locales, plus
motivées et plus proches des besoins, est indispensable dans les réseaux de service public locaux.
- Le paiement de l'eau. Ce sujet fait débat.
Pour les bailleurs, l'eau doit fonctionner à
coûts partagés. La gratuité ne
serait pas une incitation, pour les acteurs, à faire plus et mieux. Le paiement de l'eau est un élément de la régulation,
mais ce n'est pas le seul. Payer les
charges récurrentes avec des péréquations
horizontales, locales, à un niveau national, voire mondial est le chemin que montre la France en votant la
loi Oudin qui permet un prélèvement de 1% sur les activités de l'eau en France
pour les attribuer aux projets de développement dans le secteur de l'eau au Sud, système qui sera géré par des coopérations décentralisées.
- Régulation et confiance. La
confiance est le résultat de constructions institutionnelles qui font
sens dans la culture politique d'une communauté. Il faut des auditeurs, des
bureaux de contrôle indépendants,
tout un dispositif de réglementation, de
vérification, de contrats.
Les pratiques. Les objectifs du millénaire sont un mythe puissant, et comme tous les mythes, il sert à drainer les forces sociales, à créer une vérité indiscutable et donc à cacher une partie de la vérité. Ce mythe dit qu'un accès à l'eau vaut tant de dollars. Il y a tant de personnes qui n'ont pas accès à l'eau, il faut donc
ajouter des dollars supplémentaires. Mais ce mythe cache l'essentiel du problème, car les dollars engagés doivent assurer des aménagements bien construits, bien entretenus, bien gérés, démocratiquement suivis, surveillés et régulés, que les compétences soient bien réparties et motivées. Le plus difficile est donc l'organisation locale du service. Les projets qui fonctionnent bien sont ceux sur lesquels on a mis des moyens pour de l'intermédiation
sociale ne portant plus, comme par le passé,
uniquement sur l'hygiène, mais également sur la sensibilisation à la gestion. Cette
opération de sensibilisation (exemple pris
au Mali) a été un élément fondateur
de la confiance. La décentralisation
de la gestion entraîne des débats
serrés entre associations d'usagers
et les collectivités locales et constitue
un bon apprentissage de la démocratie.
La parité hommes/femmes réclame encore de sérieux
efforts. On avance grâce au charisme des intermédiaires sociaux qui connaissent bien les sociétés
locales.
La confiance, dans les sociétés maliennes, tient à l'existence
d'un auditeur qui fait que, dans ce projet,
on est entré dans un cercle vertueux où
paiement de l'eau signifie entretien, donc
disponibilité de l'eau. L'auditeur appartient
à la construction institutionnelle
indispensable pour atteindre les
objectifs du millénaire.
L'implication des
usagers
« Eau Vive »
présenté par Laurent Chabert d'Hieres n'a pas, sur la question de l'eau, une vision d'équipementier. L'utilisation majeure de l'eau, c'est de faire du développement. « Eau Vive » est
une petite association qui travaille avec 450 villages africains (Sénégal, Mali,
Niger, Togo, Burkina-Faso) auprès des communautés rurales à trois niveaux.
- Le développement local, en se
donnant du temps. Réussir un projet, c'est 8 mois consacrés à l'identification
des besoins
d'un village. Quel chemin global
peut faire une communauté humaine de 500 à
2000 habitants soutenue pendant 5 à 6 ans ? La construc-tion d'un point d'eau a un
impact immédiat sur la santé, c'est libérer
les filles de la corvée d'eau et
leur permettre d'être scolarisées.
Avec l'eau, on fait de la mobilisation d'acteurs locaux, on aborde l'histoire du village, les questions des
relations entre éleveurs, groupements féminins, de jeunes, les échecs passés. C'est grâce à ce travail préalable, qu'au final, la gestion sera un succès. Cette
mobilisation d'acteurs locaux est
donc fondamentale, de façon à ce que l'eau reste publique.
- Devenir un acteur local au
niveau national : amener les communautés humaines à identifier leurs besoins,
à planifier
leurs projets, à travailler avec les services de l'Etat, à s'ouvrir à l'ensemble des
attributions d'un maire, d'une commune, à faire appel à des compétences
extérieures. Il faut également
les ouvrir aux expériences d'autres acteurs
nationaux grâce à des rencontres
inter villageoises, entre élus locaux et chefs traditionnels, pour tenir compte des réalités locales. « Eau Vive » pratique la communication
pour mieux fédérer la société civile locale,
pour briser les cloisons rural/urbain,
pour lancer des débats de société, pour ouvrir la question de l'eau à l'opinion publique africaine.
- La solidarité internationale :
mobiliser des fonds en France auprès d'organismes très divers et mettre en action des gens qui n'ont
rien en commun en leur donnant l'envie de faire un travail collectif. La loi Oudin donne un cadre juridique, mobilise les acteurs de
l'eau et permet de poser le
problème de l'eau en France. « Eau Vive » a
entamé une action pédagogique auprès des enfants pour leur faire
comprendre que l'eau est tout un problème
d'ingénierie humaine et
sociale et qu'à l'amont du robinet,
beaucoup de gens travaillent.
« Les Amis de la Terre »,
association présentée par Madja Bouchanine, est partie des problèmes posés par les grands projets internationaux,
pour lesquels les décisions, très
politiques, sont prises très à
l'amont. L'idée est de reprendre les
grands problèmes qu'on rencontre souvent dans les projets d'accès à l'eau, financés par la Banque Mondiale. En Afrique, deux questions ressortent : (1), le renforcement des capacités des compétences locales ; (2), le
renforcement des capacités des citoyens à
être associés dans le processus. L'objectif est de donner les moyens aux Africains de se débrouiller par eux-mêmes. Le renforcement des compétences pose problème pour les projets qui, trop souvent d'un même type, associent des multinationales du Nord à des acteurs publics locaux. La question
est de savoir si ce partenariat répond
à des besoins exprimés par les populations,
à leurs moyens. Or pour appréhender
cette question il faut du temps, et la Banque Mondiale en manque et applique des recettes toutes prêtes, ce qui ne marche pas toujours.
« Amis de la Terre » se demande ce que les décideurs mettent derrière
la notion de gestion participative. Ce qu'on
voit sur le terrain est décevant. Les
conséquences pratiques sur le terrain, sont que les projets sont peu adaptés, que les expansions ne se font pas dans les bonnes directions, que le prix de l'eau est inadapté. Pour illustrer son propos, M. Bouchanine
prend deux exemples de projets, au
Ghana, conduits dans un état d'esprit
complètement différent à la base et qui conduisent à des résultats différents : - Un projet de type Banque Mondiale qui œuvre depuis des années pour une grosse réforme du secteur de l'eau en milieu urbain. C'est un
projet très controversé par les associations
locales. La Banque Mondiale a lancé
un appel d'offre auprès des
multinationales du Nord et du Sud mais qui n'était pas ouvert au marché ghanéen. Ce projet, qui n'offrait aucun moyen de renforcement des compétences locales et nationales
vient d'être seulement validé et mis en
route. Il a abouti à deux choses : il prévoit le doublement du prix de l'eau en trois ans ; il ne permet pas le développement
de compétences locales et ce projet ne répond pas aux demandes des citoyens ghanéens.
- Un projet dans une ville de 20 000 habitants où un système de gestion participative a été
mis en place, sous l'égide de
l'Unicef. Le principe de départ était de
répondre à ce que la population de
cette ville était prête à mettre dans le projet. Ce projet a abouti à un système appelé « gestion publique communautaire ». La compagnie nationale de l'eau vend de l'eau à la communauté qui la distribue, la facture, et
collecte les redevances. Chaque zone
dispose d'un comité de l'eau où la parité
hommes-femmes est assurée. Ce comité prend des
décisions, fait remonter les informations au
conseil de l'eau et au district qui
négocie avec la compagnie de l'eau.
Ce système, qui demande encore plus
de rigueur, présente beaucoup
d'intérêt puisque la transparence des comptes permet d'aboutir à un prix de l'eau accepté.
LE DEBAT
En ouverture du débat, il ressort que le problème n'est pas celui de l'eau
mais celui
de l'appropriation de sa gestion. Il est souhaité que les opérateurs s'expriment sur ce
point. Pour un de ses représentants (groupe Bouygues), les choses ne se présentent pas de façon aussi
manichéenne qu'on veut bien le dire. Il n'y a pas d'un côté les ONG qui veulent et peuvent tout résoudre et d'un autre côté les grosses institutions qui veulent imposer leur façon de faire. Il insiste sur la complémentarité des acteurs. Les gros gestionnaires interviennent pour appuyer les bonnes volontés, la main dans la main avec les cadres locaux et n'imposent rien. Ils viennent pour développer, mettre en place des services, assurer la gestion. Sur la problématique de la gestion, il faut replacer
chaque intervenant dans son rôle et
dans ses responsabilités. Ce n'est
pas le gestionnaire qui va imposer une
politique tarifaire ou la mise en place
d'une politique sectorielle. Il est là
pour la mettre en œuvre et être le garant de sa bonne application.
René Luneau se demande s'il existe encore des problèmes
entre hommes et femmes dans la problématique de l'accès à l'eau. Il lui est répondu qu'il y a encore des
problèmes de cet ordre mais qui sont surtout centrés sur les conflits entre
éleveurs et villageois. Il faut prendre ces problèmes à l'amont en associant les
différentes couches de la population. Michel Levante se demande si il n'y a pas un autre conflit entre
collectivités locales, district, ONG, IFI. La gestion de l'eau doit-elle
être laissée aux principaux usagers ?
En ce qui concerne les relations avec les usagers, tous les modèles ont
été utilisés,
indique un opérateur. Il y a eu de grandes modes depuis l'assistance technique jusqu'à,
ces derniers temps, des politiques de privatisation qui ne sont pas
compétitives pour l'eau. Il faut simplement adapter la solution aux capacités des
usagers. Dans tous les cas de figure, la tarification de l'eau est du ressort du
pays et il n'y a pas d'exclus à partir du moment où le réseau fonctionne et
que les factures sont payées. Alain Henry précise qu'il peut y avoir une
gradation du service en fonction des capacités économiques. Par exemple, à
Dakar, l'eau
est vendue à Enda qui la distribue dans les quartiers
périphériques.
La croissance démographique urbaine qui dépasse toutes les politiques publiques peut encore générer des
zones d'exclusion. Mais il se met en place progressivement un travail de
desserte et
d'animation sociale des quartiers périphériques.
Laurent Chabert d'Hieres
partage le point de vue selon lequel il faut une juste répartition des tâches entre
les trois
piliers : l'Etat, le secteur privé et les usagers. Mais chacun de ces acteurs peut engendrer des
dérives et l'important est d'avoir un système de régulation et de contrôle entre ces partenaires.
Majda Bouchanine
répond au représentant
du groupe Bouygues en précisant qu'il n'est pas dans ses intentions de tomber
dans la défense idyllique de l'usager. Mais elle constate simplement que pour les opérateurs privés, la notion de
participation est souvent vide de sens.
Un intervenant ivoirien souligne les failles dans le système de gestion de
l'eau
qu'il attribue à la mauvaise gouvernance et au déficit démocratique. Comment mieux contrôler ? Alain
Henry répond que pour ce qui est de la Côte d'Ivoire, il faut que ce pays progresse dans
l'ordre de
l'invention institutionnelle, en créant des institutions qui créent la confiance, et qui
sont cohérentes avec la culture politique du pays. Pour Alain Henry, un
service d'eau local est un des moyens de la démocratie. La décentralisation du
processus de gestion accélère la responsabilisation des collectivités locales. Mais
aucune société
au monde ne peut être que participative. La participation existe avec des autorités
qui animent le débat, et qui sont soumises à des lois et à des règles. Dans le système
malien participatif,
il y a un ordre, les lois du projet. C'est le mixage de la participation et de l'ordre, de la
liberté individuelle et de la discipline collective qui offre à chaque société
sa solution.
Philippe Mathieu
La Lettre de la Cade n°84 - Octobre
2005
page 5
L A P A G E E C O N O M I Q U E
Les exportations africaines vers la Chine ont augmenté
de 87% entre 2003 et 2004
Le rythme de la progression économique chinoise - et
ses conséquences sur l'économie mondiale - surprend, le mot est faible, l'Occident, d'autant que, d'après l'OCDE, la Chine sera, peut-être, le premier exportateur, en 2010,
devant les Etats Unis et l'Allemagne.
Sa présence grandissante en Afrique, au nord et au sud du
Sahara, surprend aussi tant
sur le continent qu'en dehors.
Elle est appréciée pour l'exportation, mais inquiète le commerce et l'industrie locale.
La balance commerciale est bénéficiaire
: 16 milliards de dollars d'exportations
contre 14 milliards d'importations. En outre 196 articles sont exonérés de droits d'entrée en Chine. Les investissements directs ne sont pas très considérables : 750 millions de dollars, dont 135 en 2004 ; c'est peu par
rapport aux 3 milliards d'IDE (investissements
directs étrangers) recensés par la CNUCED. Au
niveau de la coopération, les crédits
ouverts, souvent à taux zéro, sans conditionnalité comme ceux des autres bailleurs de fonds, sont fréquemment remboursables en nature (exportations). Ainsi ils n'alourdissent pas la dette, dont 1,3 milliard a été annulé ou réduit pour 31 pays.
Une coopération très diversifiée
Crédits et dons financent une multitude de réalisations
privilégiant les détenteurs de minerais et de pétrole. On trouve des palais présidentiels, des ministères, des sièges d'assemblées parlementaires, des maisons
de la radio télévision, des centres de
congrès, des stades, des routes, des chemins de fer, des barrages
hydro-électriques, des centrales thermiques, des rizières, la pêche, l'aquaculture, des banques, des hôpitaux,
des équipes médicales (médecine
traditionnelle, occidentale, chinoise),
des cimenteries... des centres culturels, des écoles techniques... La plupart de ces travaux sont effectués par des entreprises chinoises. Six cents sont installées sur le continent, elles servent de tête de pont pour celles de la mère patrie et agissent parfois en joint
venture avec des sociétés locales. Lorsqu'elles interviennent sur des mines ou du pétrole, elles s'occupent de
l'exploitation du gisement et du traitement
du minerais ou du raffinage,
valorisant ainsi cette richesse. S'y ajoutent
aussi des permis de recherche ou de
prospection... pour l'avenir.
Concurrence avec le petit commerce
On ne connaît pas le nombre de Chinois
vivant en Afrique : plusieurs dizaines
de milliers, parfois autant que des
Français comme en Guinée ou à Madagascar.
Les entreprises amènent leur
personnel. D'autres s'installent dans
le petit commerce et sur les marchés.
Ils vendent leurs produits, bon marché
au niveau du pouvoir d'achat local :
textiles, chaussures, jouets, électroménager,
matériel agricole, mobiles... mais
aussi voitures, motos. En Ouganda
les petits commerçants ont fait grève
en mai 2005 en signe de protestation.
En Afrique du Sud plusieurs entreprises textiles ont fait faillite devant cette concurrence, qui commence à préoccuper les importateurs traditionnels de produits européens
ou japonais. Mais au Nigéria, une zone industrielle de 80 ha permettra
de fabriquer ou monter ces articles à l'intention du marché nigérian et de ceux des pays voisins.
La discrétion paye
Avant de se manifester sur le plan économique, la Chine a
soutenu les mouvements d'indépendance
en Angola, au Mozambique, en Rhodésie... Parallèlement
elle poursuit une coopération militaire avec sept pays et a engagé un millier de soldats dans des opérations de paix de l'ONU. Leur
discrétion aide les Chinois. Malgré des
millénaires de civilisation, bien
antérieurement à l'Occident, ils n'ont
pas de complexe de supériorité affiché.
Ils savent qu'avec le temps ils gagneront.
Arrivés à Maurice au XIXe siècle, dans une société multiculturelle, ils sont maintenant à peine 2,5% de la population,
mais dominent le milieu économique, par leur compétence et les voies qu'ils ouvrent vers toute l'Asie grâce à
la diaspora chinoise. Partout ils apportent
une technologie de pointe, qu'ils ont su adapter chez eux à des
populations culturellement peu préparées.
Comme l'Afrique, la Chine a été sous-développée, comme elle, elle a été confrontée à la colonisation, quoique sous des formes différentes. Comme les Africains, les Chinois restent attachés à des valeurs non matérialistes : les ancêtres, l'âme des choses, un certain type de religion. Ils s'intègrent peu, mais sont généralement bien acceptés. Ils n'imposent pas leur
modèle... pourvu qu'ils puissent faire leurs
affaires.
L'avenir dira comment l'éléphant s'est accommodé du dragon.
Robert Ginesy
NDLR. L'essentiel
des informations reprises dans cette page
est puisé dans l'hebdomadaire «
Marchés Tropicaux ».
La Lettre de la Cade n°84 - Octobre 2005
page 6
Les articles parus en septembre dans
la presse concernent
pour l'essentiel la Côte d'Ivoire : élection présidentielle repoussée,
médiation sud
africaine mise en question, MM. Koffi Annan ou Douste-Blazy brandissant la menace de sanctions, au point que Le Monde du 23 septembre pose la question: « peut-on encore sauver la Côte d'Ivoire ? ». J. P. Tuquoi décrit
simplement la partition du pays et ce qui
en découle, l'absence de désarmement des
deux côtés, l'absence de texte régissant le report de l'élection. « Le dossier est empoisonné et les positions inconciliables » écrit-il,
et la cacophonie règne au plan
international. Paris fait profil bas
politiquement, mais pas militairement, et devrait être en mesure d'empêcher toute reprise d'actions militaires, mais
ne serait pas en état d'éviter des violences
entre partisans et adversaires de M. Gbagbo. Il
termine par « il faudrait un miracle
pour que les haines accumulées de part
et d'autre ne dégénèrent pas ».
Sont signalés par ailleurs l'installation du gouvernement d'union
nationale au Soudan, la restitution d'argent détourné en Suisse au Nigéria, l'intention de la
France de remodeler sa présence en Afrique, la mise sur la liste noire de Cameroon Air Lines, la mise en cause des autorités
togolaises dans les violences du mois d'avril, etc...
L'Afrique est présente dans les
articles consacrés aux questions de développement et au sommet du G8 :
- L'annulation de la dette de 18 pays les
plus pauvres,
annoncée par les gouverneurs du FMI et de la Banque Mondiale, devrait profiter à la santé, à
l'éducation et à des réformes en faveur de la croissance. La Croix du 27
septembre donne l'exemple du Sénégal qui économisera ainsi plus de 100 millions
d'euros par an. Les pays riches se sont engagés à rembourser « dollar
pour dollar » les trous du bilan
de la BM et du FMI, rendant cette remise de
dette possible tout en permettant de
poursuivre l'octroi de prêts ultérieurs.
- Le rapport 2006 de la Banque
Mondiale sur le développement intitulé « Equité et développement » plaide pour l'égalité des
chances, l'équité
étant « complémentaire de la poursuite de la prospérité à long terme » car il
constate
des inégalités flagrantes entre les pays et les hommes et dénonce le cercle vicieux de «
l'emprise des élites sur les institutions qui cherchent avant tout à protéger ceux qui détiennent
le pouvoir ».
La proposition de taxe sur les billets
d'avion est
vigoureusement défendue dans Le Monde du 22 septembre par J. F. Rial,
président du groupe « Voyageurs », notamment sur deux points : les compagnies non
européennes y seraient aussi soumises pour leurs vols au départ de l'Europe, et on
sait actuellement contrôler l'utilisation des sommes recueillies et éviter leur
dilapidation.
Ces dernières semaines, l'accent est mis
très fortement
sur le problème de l'immigration avec les assauts répétés sur les enclaves
espagnoles
du Maroc ; La Croix consacre sa une du 30 septembre à la question sous le titre « Emigrer à tout
prix » et titre le 6 octobre « Avec les clandestins aux portes de Méllila
». L'éditorial du 30 intitulé « L'énergie du désespoir » se conclut par
« Sans justice, sans paix, sans développement économique dans les pays du Sud, aucun
mur ne sera assez haut pour empêcher leurs habitants de rêver d'un "ailleurs"
plus vivable. Jusqu'à, parfois, y perdre la vie ». Les articles font état des
relations
bienveillantes entre la population marocaine et les candidats à l'Europe et commentent, comme un
message à destination des opinions espagnole et marocaine, la décision prise par M. Zapatero
de faire appel à l'armée. Dans le numéro du 6 octobre Armandine Penna décrit l'histoire d'un cer-tain nombre de ces candidats à l'immigration, la difficulté de vivre au Maroc, les essais
répétés de franchissement de la
frontière, leurs espoirs. Julia Ficatier examine la délicate position du Maroc, amené par les événements à discuter avec l'Union européenne du financement de la protection de ses frontières, sommes qui ne seront plus consacrées au développement. Par ailleurs un rapport de l'ONU démontre que l'immigration suit la mondialisation et une carte présente de façon très parlante les flux migratoires à partir de l'Afrique de l'Ouest.
J'ai noté par ailleurs deux articles à consonance plus positive : d'une part, dans Le Monde du 16 septembre, le portrait d'un Togolais, chasseur de têtes pour l'Afrique, montrant que les membres de la diaspora peuvent être intéressés par un retour au pays, et
d'autre part, dans La Croix, une page consacrée
aux médias africains qui souligne à la fois la carence des disponibilités
techniques (agences) et la richesse
de la création africaine.
Jean Brice Simonin
MUSEE DAPPER
Sous la présidence de Jean Gautier,
président de l'année du Brésil en France, ainsi que de son commissaire
brésilien, cette exposition a été présentée par son commissaire, Christiane Falgayrettes-Leveau.
C'est le Brésil qui fut découvert en 1 500
par le portugais Pédro Alvarez Cabral. Il reçut le
plus grand
nombre d'Africains pendant le trafic des esclaves : du XVe
au XIXe siècle, sur les onze à quinze millions d'Africains qui ont
traversé l'Atlantique dans les soutes des
bateaux négriers, trois millions et demi débarquèrent au Brésil.
Les esclaves s'efforcèrent de perpétuer leurs
traditions.
Bien souvent les pratiques religieuses des diverses communautés d'origine africaine
se mêlèrent
les unes aux autres. Des apports vinrent également du catholicisme portugais et
des croyances amérindiennes
autochtones. Cette exposition illustre la
parenté des productions afro-brésiliennes
et des arts de l'Afrique subsaharienne,
auxquelles se rattachent trois grandes zones culturelles : yoruba (Nigéria, Bénin), fon/ewe (Bénin, Togo) et bantu (République démocratique du Congo, Congo et Angola). Les
affinités formelles sont mises en évidence à travers les rites du candomblé et
de l'umbanda.
La préoccupation constante tant au Brésil
qu'en Afrique
- se protéger des forces malfaisantes -nécessite une vigilance sans relâche avec
l'aide et l'intervention de
ceux qui, dotés de pouvoirs exceptionnels,
ont acquis un savoir occulte et efficient.
Au Bénin les officiants invoquent les « voduns » qui
résident dans les éléments de la nature : l'eau, le vent, le tonnerre, etc... Les « bocios », liés au monde surnaturel, sont également sollicités
; ils sont les gardiens des espaces au
travers desquels se meuvent les vivants.
Les supports culturels
afro-brésiliens font partie d'un large ensemble.
Ce sont les autels sur lesquels
s'intensifient les relations entre les hommes
et les dieux, qui sont aujourd'hui les processus
d'intégration et de transformation, appartenant
à plusieurs univers, principalement africains
et chrétiens. C'est pourquoi, dans le parcours
de l'exposition, les objets afro-brésiliens font face aussi bien à des sculptures africaines qu'à des œuvres d'art sacré du baroque brésilien des XVIIe et XVIIIe siècles.
Le dossier de l'exposition est accompagné
d'un ouvrage
« Brésil l'héritage africain ». Il est édité sous la direction de
Christiane Falgayrettes-Leveau, directeur du musée Dapper, avec la collaboration scientifique d'Erwan Dianteill,
anthropologue, maître de conférence à
l'Ecole des Hautes Etudes en
Sciences Sociales, dont nous aurons
le plaisir de parler ultérieurement.
Denyse de Saivre
La Lettre de la Cade n°84 - Octobre
2005
page 7
LA CADE CÉLÈBRE
SON X° ANNIVERSAIRE
le 7 décembre, à
l'ENA, 13 rue de l'Université, 75007 Paris
Auditorium Jean
Moulin
et organise à cette occasion un séminaire sur
le thème
«
Afrique, images et trajectoire ».
Voici dix ans que la CADE porte sur
l'Afrique subsaharienne un regard qui ne la voit pas comme un continent à la
dérive ou un champ de ruines et qu'elle diffuse un discours qui rend compte des
formidables défis que sont en train de relever les peuples et les
sociétés de ce continent.
C'est pour appeler à nouveau l'attention sur
l'actualité de cette démarche que nous avons décidé d'organiser le 7 décembre
prochain, avec la participation de grands témoins, une journée pour confronter
les réalités africaines en mouvement, ce que nous appelons la « trajectoire »
de l'Afrique de demain, aux images déformées et insuffisantes qui sont le plus
souvent proposées à nos concitoyens.
Le programme de cette journée sera le suivant :
08h30 : ACCUEIL dans l'auditorium Jean Moulin
de l'Ecole Nationale d'Administration.
09h00 : Ouverture.
09h30 : PREMIÈRE TABLE RONDE organisée par
Jean-Pierre Chrétien sur le thème :
Ethnies, tensions et réalités.
11h30 : DEUXIÈME TABLE RONDE organisée par Georges Courade sur le thème :
Afrique de nos peurs, Afriques de
l'inventivité.
13h00 : Buffet
I4h30 : TROISIÈME TABLE RONDE préparée par
Philippe Hugon sur le thème :
Développement, mythes et concepts.
16h30 : GRANDE TABLE RONDE à laquelle Erik Orsenna a accepté de participer sur :
L'enjeu des représentations pour le développement et la démocratie.
18h00 : UN POT DE L'AMITIÉ
est prévu auquel pourront nous rejoindre ceux qui n'auront pu suivre
les travaux de la journée.
Le président Abdou
Diouf et le premier Ministre Pierre Messmer nous ont manifesté l'intérêt qu'ils
portent au travail de la CADE et nous ont adressé leurs vœux pour le succès de
cette journée.
Un carton
d'invitation et un bulletin d'inscription vous parviendront prochainement. Mais retenez
dès maintenant la date sur votre agenda.
AGENDA
prochaine rencontre débat
Mercredi
9 novembre 2005 :
« Décentralisations
africaines : quels bilans » avec René Otayek, Directeur du CEAN de
Bordeaux, directeur de recherche au CNRS, Alphonse Yapi-Diahou, Professeur à Paris
VIII
et Michèle Leclerc-Olive,
Chargée de recherches au CNRS, membre du Centre d'Etudes des Mouvements Sociaux
à l'EHESS.
Et n'oubliez pas, le
mercredi 7 décembre : journée
de tables rondes sur le thème