Fatal error: Uncaught exception Exception with message Query error: UPDATE command denied to user 'afriquedtest'@'10.21.20.18' for table 'tl_search' (UPDATE tl_search SET url='bases-pour-le-developpement', title='Bases pour le développement?', protected='', filesize='38.03', groups=0, pid='246', language='fr', checksum='730a0d40d976bcbfb065cb8bc3e50e3a', text='Bases pour le développement? C A D E Coordination pour l\'Afrique de Demain « Un autre regard sur l\'Afrique et les Africains » Quelles bases pour le développement de l\'Afrique? Mon intervention portera sur deux points : l\'évolution de la perception de l\'Afrique dans la géopolitique mondiale et la question de la responsabilité des Africains dans son appauvrissement ou dans son maldéveloppement. Deux citations orienteront celle-ci « Vous irez chercher la science jusqu\'en Chine s\'il le faut » (Cheikh Amidou Kane) et « Quand tu ne sais où tu vas, regardes d’où tu viens » (proverbe africain). La colonisation s’est achevée en 1960 dans la plupart des pays africains, excepté les pays lusophones. Lors de la guerre froide, les ambitions de l\'Union Soviétique ont donné les résultats que l\'on sait dans un pays comme l\'Angola suffisamment bien doté en ressources pétrolières. Dans les années 1980, Banque mondiale, FMI et Etats- Unis ont imposé des politiques d\'ajustement structurel et ont fait partager à la société civile les responsabilités des échecs de ces politiques. Les Etats-Unis reviennent maintenant dans le golfe de Guinée extraire du pétrole et faire barrage au « terrorisme ». Deux faits caractérisent aujourd\'hui la situation économique et géopolitique de notre continent. Des pays comme le Burkina-Faso et le Ghana font la fierté de Jacques Diouf à la FAO, alors que la Grande-Bretagne exige avec force la marginalisation du Zimbabwe qui accumule les problèmes (inflation gigantesque et déstructuration économique). Le deuxième, c\'est le procès qu\'une certaine presse fait à l\'Afrique pour la nature de ses relations avec la Chine. Rappelons avec force aussi que pour l\'heure les populations africaines ont plus besoin de pain que de verbe. La prospérité économique et le développement peuvent précéder la démocratie. De l\'Afrique, on ne montre que l’image de la misère et de la guerre, du Darfour, de la Somalie et des magasins vides d\'Harare. On aurait bien voulu voir en Afrique des pays modèles comme la Corée du Sud, Taiwan ou Singapour dont la prospérité actuelle tient en grande partie au soutien financier des Etats-Unis pour les deux premiers et de la Grande Bretagne pour Singapour. POUR APPRENDRE A LIER LE BOIS AU BOIS, POUR VAINCRE SANS AVOIR RAISON, VOUS IREZ CHERCHER LA SCIENCE JUSQU\'EN CHINE S\'IL LE FAUT Cette prescription de la Grande Royale aux peuples des Dialobé (Cheikh Amidou Kane) est plus que d\'actualité. Elle reconnaît l\'importance de la science et de l\'éducation pour le développement et la nécessité de diversifier ses partenaires internationaux. Cette quête du savoir et du savoir-faire pousse les populations africaines hors de leurs pays respectifs, mais ils en payent le prix fort pour se faire accepter en Afrique et hors d\'Afrique. Je voudrais ici aborder la question de la responsabilité des Africains dans le développement de leur continent. Certes, les potentialités de l\'Afrique au Sud du Sahara sont immenses pour les ressources naturelles comme humaines. Il nous faut distinguer enfants et adolescents d\'un côté et adul tes actifs de l’autre. Tous sont dans le désarroi total. Les premiers ont besoin d\'éducation et de nourriture tandis que les seconds sont entre l\'espoir et l\'incertitude, le refus de la résignation avec la conviction que l\'avenir doit être ouvert malgré la multitude des blocages. En Afrique, les stratégies inventées pour apprivoiser crises et politiques d\'ajustement structurel permettent au mieux de survivre. Dans les pays d\'accueil en Europe et en Amérique, les Africains sont en quête d\'identité, de repères et ils doivent s\'imposer. Dans un cas comme dans l\'autre, il faut revenir se ressourcer à la maison. Et le chanteur ni - gér ian Pr ince Niko Mbarga de rappeler que «Home be home», tu ne seras jamais renié chez toi. « QUAND TU NE SAIS PAS OU TU VAS, REGARDES D’OU TU VIENS » Je soulève en fait la problématique de la relation des Africains en Afrique et de la diaspora avec l’Afrique, mieux, de la question de la responsabilité dans le partenariat scientifique et dans la coopération internationale. Peut-être, parce que « le bien ne fait pas du bruit », on parle très peu d\'un pays comme le Botswana. Ce petit pays presque désertique n\'a ni pétrole, ni forêt, seulement des diamants et du nickel. Pourtant, malgré la menace du VIH/sida, l\'université de Gaborone s\'affirme au fil des ans comme une référence dans le domaine de la chimie. De nombreux universitaires et chercheurs camerounais, que je connais bien, y trouvent les équipements qui leur font défaut. Le NEPAD devrait en tenir compte. Selon la commission Economique pour l\'Afrique, des pays comme l\'Afrique du Sud, la Côte d\'Ivoire, le Nigeria, le Kenya et le Zimbabwe possèdent déjà une base scientifique et technologique relativement développée et pourraient, avec un investissement supplémentaire relativement réduit, mettre sur pied des établissements technologiques et scientifiques de haut niveau qui profiteraient à tout le continent. On sait par contre les enjeux autour du pétrole au Nigeria, du cacao en Cote d\'Ivoire et de la réforme foncière au Zimbabwe. Bien que le nombre d\'universités africaines soit passé de 13 en 1960 à 300 en 2002, la plupart de ces institutions manquent d\'infrastructures et d\'équipements scientifiques. Le personnel, même de haut niveau, en est réduit à se battre pour survivre dans certains pays. Il en résulte que leurs productions sont parmi les moins nombreuses (moins de 2 % de la production scientifique mondiale). Les programmes d\'ajustement structurel des années 80 ont réduit les budgets de l\'éducation et les initiatives d’aide PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) pour la Banque mondiale et C2D (Contrat de Désendettement Développement) pour la Coopération française, ont mis à l\'écart l\'enseignement supérieur. Toutefois, cette marginalisation de l\'enseignement supérieur ne saurait aucunement justifier la clochardisation des universitaires, moins encore la part insignifiante des dépenses destinées à la Recherche- Développement sur l\'ensemble du continent (0,4 % du PIB). Les pays qui aujourd\'hui (1) en Afrique assurent des revenus acceptables à leurs universitaires (Sénégal ou Burundi) ne sont pas forcément les plus nantis en pétrole, diamant ou bois. Je rappelle que parmi les quatre lauréats de la troisième édition du Prix de la Francophonie pour jeunes chercheurs 2006-2007, le seul Africain était un géographe camerounais, les trois autres étant des Canadiens. (1). Il ressort des travaux de la dernière conférence des recteurs des Université d\'Afrique tenue à Tripoli que le niveau des salaires mensuels des enseignants d\'université se situe entre 1.125.000 Fcfa au Rwanda et 700.000 Fcfa au Burundi. Au Sénégal, l\'assistant débutant a un salaire net d\'environ 600.000 Fcfa et le professeur titulaire d’environ 1 million de Fcfa. Les universitaires camerounais et nigérians sont logés à la même enseigne, les professeurs titulaires ont gagné entre 350.000 Fcfa ou 450.000 Fcfa pour les plus heureux. Prise en charge et pratiques du développement en Afrique Les populations africaines n\'ont pas attendu les injonctions des institutions internationales pour prendre en charge le développement de leurs sociétés respectives. Au Cameroun, le développement des campagnes assuré par les citadins a revêtu diverses formes, allant du financement de la mutation agricole pour nourrir les villes à la construction d\'équipements collectifs (écoles, collèges, universités, dispensaires, hôpitaux, foyers culturels, édifices religieux), à celle d\'infrastructures routières (routes, ponts). Ainsi, en 2000, 40,7 % des établissements scolaires, 43,6 % des établissements sanitaires et 44,5 % des foyers culturels de la région des Grassfields ont été financés par des capitaux privés urbains ou locaux comme 1.410 km de route sur 2.670. La reconnaissance par les autorités camerounaises de l\'Université des Montagnes (2) est un autre exemple, qui illustre parfaitement la prise en charge du développement local en Afrique. Les fermes avicoles ou porcines, les vergers et périmètres maraîchers péri-urbains sont une création essentielle des Africains à l’heure des « émeutes de la faim » dans les villes. La création et l\'urbanisation de Touba au Sénégal sont l\'oeuvre de la confrérie mouride. Enfin la prise en charge du développement de la région de Kayes au Mali ou l\'informatisation des campagnes (3) par la diaspora prouvent que les Africains ont su mettre la globalisation au service du développement du continent. On doit toutefois regretter le peu d’attention que de nombreux Etats accordent à leur diaspora. A l\'instar des diasporas chinoises, indiennes ou coréennes aux Etats-Unis qui pilotent et/ou participent aux investissements publics et privés américains dans leur pays d\'origine, la diaspora africaine doit se placer comme interlocuteur indispensable des investissements internationaux sur le continent en s’unifiant. Il y a là une ressource et un capital à organiser et à structurer. Une véritable coordination des savoirs, des connaissances et des réseaux manque afin d\'assurer une intégration pleine et entière des Africains dans toutes les sphères internationales de décision et pour servir de tremplin aux transferts des connaissances et des ressources financières vers l\'Afrique. Encore faudraitil que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international imposent le droit de vote de ces Africains de la diaspora dans leurs pays respectifs, comme une « conditionnalité », pour que nos chefs d\'Etat prennent conscience de leur poids économique, financier et relationnel! On ne rappellera jamais assez que c\'est de Chine, d\'Inde et de Corée du Sud que viennent les soutiens, qui donnent de la force aux diasporas de ces pays aux Etats-Unis. Et que les tontines servent aussi au développement de leur pays. 2. L\'Université des Montagnes (UdM), établissement d\'enseignement supérieur privé du Cameroun, est né en 2000 de la volonté de plusieurs universitaires, hommes d\'affaires et professionnels camerounais regroupés au sein de l\'AED (Association pour l\'Education et le Développement). 3.En août 2006, les originaires du village Babountou aux Etats-Unis d\'Amérique réunis au sein de l\'association « Djakeu » ont offert sous forme de don du matériel informatique pour les écoles, les dispensaires et la chefferie de ce village (Le Messager, 21 août 2006). L\'Afrique ne doit-elle pas enfin « bouffer » la tontine ? La pratique désignée par le mot français tontine est africaine ou asiatique. Les pratiques tontinières diffèrent fortement selon les sociétés africaines, mais elles ont atteint un niveau de sophistication proche des pratiques asiatiques chez les Bamiléké du Cameroun. Les structures présentées comme des tontines sont équivalentes des huiguan chinoises, définies comme «des associations qui se créent sur la base d\'un dialecte commun, d\'un clan ou d\'un patronyme, à des fins religieuses ou éducatives, commerciales ou professionnelles et dont la vocation initiale est de protéger les membres face à un milieu hostile ». L\'exemple de l\'Asie du Sud-Est montre l\'importance des facteurs non-économiques, tel que la culture ou la politique dans la gestion du développement. Au delà des reproches que l\'on a pu faire à l\'interventionnisme étatique, son rôle dans la gestion du développement est irremplaçable comme le montre l\'efficacité des politiques publiques en Asie du Sud-Est. Chaque société doit aussi s\'appuyer sur ses structures propres pour promouvoir son développement, si le souci d\'équité est bien pris en compte, pour que la croissance par tous rime avec redistribution pour tous. Le développement et la sophistication des pratiques tontinières dans les pays de la Zone Franc apparaissent comme paradoxaux au regard de la faiblesse de leurs performances économiques globales. Ces pratiques et leur apport au financement de l\'économie et aux progrès des nations montrent que la valorisation des méthodes locales est une nécessité. Reconnaissons avec J.P. Warnier (4) que le développement de « l\'Afrique ne se fera pas à coup de programmes d\'ajustement et par transfert d\'ethos et de procédure de gestion importés et ignorant les réalités et les capacités du terroir.... Les civilisations comme le développement sont les produits d\'un bricolage incessant. Personne au demeurant n\'a jamais réussi à faire table rase d\'aucune civilisation. Rien ne change que par reprise de l\'héritage. Le développement de l\'Afrique s\'inscrira dans son héritage propre ou ne se fera pas ». Autre interrogation : quelle peut être la contribution des tontines au succès des bourses de valeurs qui se développent en Afrique ? Parce que les Africains en Afrique sont pris en otage par les gouvernements et leurs parrains internationaux, parce que la diaspora réunit « des originaires des pays africains » de père en fils, l\'Afrique s\'éveillera quand ces deux composantes pourront enfin travailler en réseau avec scientifiques et entrepreneurs partenaires. Les premiers apporteront le savoir et la connaissance du terrain et ceux de la diaspora, le savoir- faire, les relations et les fonds qu\'ils auront épargnés en travaillant dans des sociétés qui rémunèrent le travail et valorisent l\'intelligence. Elle s\'éveillera aussi quand elle aura été capable d\'être suffisamment exigeante pour construire un partenariat responsable avec la Chine. Elle s\'éveillera surtout, quand elle pourra enfin bénéficier de la tontine à laquelle elle a cotisé pour construire la prospérité dans d\'autres régions de la planète.■ 4. Warnier J.P. 1993, Tontines et banques au Cameroun : la société des amis : pp 285-6 HATCHEU TCHAWE E. Université de Dschang, Cameroun, Chercheur associé à l’IRD, enseignant – chercheur en sciences sociales, coordinateur du JCAD. BP 394 Dschang. Tél. 237 77 35 94 71/237 33 02 58 02. Courriel : hatcheuemil@yahoo.fr Le JCAD est une association de recherche pour le développement créée en 1997. Elle est constituée de jeunes chercheurs, universitaires, professionnels et techniciens, originaires du Sud et du Nord et qui acceptent de travailler ensemble pour promouvoir le développement durable, lutter contre la pauvreté dans les pays du Sud et faciliter les échanges Sud-Nord. Elle transforme les résultats de ses recherches en actions de développement avec la participation active des populations. Le JCAD contribue à la maîtrise et à la diffusion des nouvelles technologies. Il oeuvre en milieu rural et dans les centres urbains par l\'encadrement des paysans et des jeunes entrepreneurs, l\'accroissement du rôle de la femme dans le processus de développement, la protection et la valorisation des ressources et de la biodiversité. jcadinternational@yahoo.fr Pour en savoir plus • Hatcheu Tchawe (E.), 2006 – « Marchés et Marchands des vivres à Douala » (Préface de Georges Courade), Paris, L\'Harmattan, (Collection Mouvements Economiques et Sociaux), 190 p. • Hatcheu Tchawe (E.), 2007 – « Entre participation politique et prise en charge du développement local : la société civile à l\'épreuve des faits en Afrique », Les cahiers de Préludes n° 11, 2007. • Hatcheu Tchawe (E.), Nzomo Tchuenta (J.) 2007: « De l\'informel au formel: le défi de la bancarisation des tontines en Afrique. Les cahiers de recherche du réseau Entreprenariat de l\'AUF n° 07-78, Juin 2007. • Hatcheu Tchawe (E.), 2004, « Gérer le développement au Cameroun après l\'ajustement: Et si le modèle venait de l\'Est ! In : Revue africaine de sciences économiques et de Gestion, Vol VI n° 2, Juillet-Décembre 2004, Presse universitaire de Yaoundé, pp 70-90. • Le ventre de Douala, Documentaire réalisée par Jean Christophe Monférran. Dernière mise à jour : Mardi 11/06/2019 22:18 © 1996–2019 - La CADE Retour à l\'accueil, Logo de la CADE', tstamp=1573841584 WHERE id='49') thrown in …/system/libraries/Database.php on line 686
#0 …/system/libraries/Database.php(633): Database_Statement->query()
#1 …/system/libraries/Search.php(181): Database_Statement->execute('49')
#2 …/system/modules/frontend/FrontendTemplate.php(215): Search->indexPage(Array)
#3 …/system/modules/frontend/PageRegular.php(171): FrontendTemplate->output()
#4 …/index.php(266): PageRegular->generate(Object(DB_Mysql_Result))
#5 …/index.php(401): Index->run()
#6 {main}