Entreprendre pour le développement
Sous l’égide de la présidence française de l’Union
européenne, l’Agence Française pour le Développement
(AFD) et IMS (initiative d’entreprises
privées) ont organisé les 9 et 10 décembre dernier au
siège du Ministère des Finances, de l’Économie et de
l’Emploi un colloque international (traduction simultanée
en anglais et espagnol) sur le thème
« entreprendre pour le développement ». Il s’agissait
de présenter et de soumettre au débat l’implication
d’entreprises soucieuses de leur responsabilité sociale
et environnementale dans le développement des pays
émergents et en développement.
Partant de l’idée qu’il est de l’intérêt mutuel des entreprises
du Nord et du Sud de conjuguer leurs initiatives
et d’inscrire leurs investissements dans un
contexte de développement - et donc à long terme et
de risques souvent difficiles à estimer - , les organisateurs
ont exploré les pratiques nouvelles des entreprises
qui s’engagent sur des projets où, au-delà des activités
lucratives qu’elles mènent, elles se soucient de
contribuer, en liaison
avec les autorités et collectivités
territoriales et
parfois en partenariat
avec des ONG, à des
tâches d’intérêt général.
Après une journée
consacrée au travail en
ateliers où il a été question
de partenariat public – privé (PPP), y compris
sous sa dernière forme de PPP participatif, de gestion
de services publics par des entreprises privées, des
effets de développement durable, des réussites d’entreprises
du Sud comme du Nord, de l’adaptation des
modes de financement des investissements du secteur
privé eux-mêmes innovants, des initiatives engagées
par des entreprises au bénéfice des plus pauvres, des
effets de levier de financement public sur le secteur
privé, la deuxième journée a été consacrée à la restitution et aux conclusions à tirer
au moins provisoirement.
Lors de la restitution, seule la
relation Nord – Sud était vraiment
visible et ce n’est que dans
l’exposé d’expériences pratiques
qu’est apparu la notion de relation
à double sens, c’est-à-dire
qu’il peut exister par exemple un
retour sur investissement d’ordre
technologique du Sud vers le
Nord.
L’autre point vraiment marquant
de ces présentations d’expérience
est qu’elles ne réussissent
vraiment que si elles correspondent
à une volonté humaine forte
de la direction même de l’entreprise
impliquée, indépendamment
de tout aspect structurel.
En conclusion du colloque a été
présentée l’initiative conjointe de
l’Agence Française pour le Développement
et du Crédit Agricole
de lancer sur le marché un
nouvel instrument financier destiné
à financer, sur produit de
l’épargne, ce type d’investissement
par lequel les entreprises
privées contribuent à l’amélioration
du contexte dans lequel elles
travaillent au Sud. Cet instrument,
actuellement soumis à
l’homologation de l’Autorité des
marchés financiers, devrait voir
le jour cette année avec le soutien
du Ministère des Finances,
de l’Économie et de l’Emploi.
Ce colloque a permis de confronter
acteurs publics et privés sur
ces nouvelles formes d’engagement
des entreprises, d’analyser
ce qui s’oppose encore à ces formes
de synergie et de poser le
problème de leur généralisation
pour en faire une politique.■
Jean-Loïc Baudet et
Jean Brice Simonin,
Représentants de la
Cade, chacun à une demi
deuxième journée