L’engagement de l’Union européenne en faveur de la cohérence des politiques pour le développement
Devant les conséquences de la
crise économique et financière
pour les pays en développement et
l’insuffisance de l’aide publique au
développement pour relever le défi
de la réduction de la pauvreté et
des objectifs millénaires pour le
développement, la Commission
européenne a pris dans une récente
communication, le 15 septembre
2009, l’initiative de proposer à la
Communauté et aux États Membres
d’appliquer la cohérence des
politiques pour le développement
(CPD) de manière plus ciblée, efficace
et stratégique.
La CPD qui a déjà fait l’objet de 2
rapports bisannuels de l’Union
européenne depuis que son cadre
politique a été fixé par une communication
d’avril 2005, validée
par le Conseil le mois suivant, vise
à tenir compte des répercussions
des politiques engagées dans les
pays développés sur les pays en
développement. Après s’être cantonnée
dans douze domaines spécifiques
(commerce, environnement,
agriculture, recherche, changement
climatique, énergie, etc…) et avoir
été mise en oeuvre de façon pragmatique,
la CPD doit entrer dans
une nouvelle phase pour répondre
aux attentes placées en elle, alors
que les politiques intérieures de
l’UE ont un impact croissant sur
les relations extérieures du fait de
la mondialisation (cf politiques de
l’environnement, des migrations,
…). L’importance prise par les
financements non-APD rend aigu
le besoin d’un cadrage politique
fixant des priorités au niveau de
toute l’Union.
Les pays ACP ont compris l’importance
qui s’attache à la CPD et
l’ont inscrit comme un point à traiter
lors de la révision de l’accord
de Cotonou en 2010.
Trois lignes directrices se dégagent
de la communication de la Commission
pour relancer le programme
de travail de la CPD :
- fixation des priorités pertinentes
pour la réalisation des Objectifs
du Millénaire pour le Développement
et au regard des objectifs de
développement des pays en développement,
dans une perspective
à long terme. Les propositions de
la Commission portent sur la
lutte contre le changement climatique,
la sécurité alimentaire
mondiale, les migrations au service
du développement, la mise
des droits de propriété intellectuelle
au service du développement
et la promotion de la sécurité
et la construction de la paix
au profit du développement.
- la valorisation dans un cadre politique
du potentiel des flux financiers
non-APD pour le développement.
Il s’agit de dégager
un concept d’APD « plus » et de
globaliser la réflexion sur la
structure de dépenses extérieures
de l’Union.
- le renforcement des instruments
utilisés par les États Membres et
la Commission pour rendre la
CPD plus efficace (consultations
interservices, analyse d’impact,
réunions ministérielles et opérationnelles
au niveau du Conseil,
…) et ouverture d’un dialogue
avec les pays en développement
pour apprécier l’effet de la CPD
sur leur capacité à atteindre les
OMD.
La Commission, dans sa communication
récente, poursuit deux
objectifs : renforcer les effets positifs
sur le développement des
propres choix politiques de l’UE
dans d’autres domaines et améliorer
l’incidence sur le développement
des flux financiers non-APD.
La démarche ne manque pas d’intérêt
: ses résultats dépendront largement
de l’écho qu’elle recevra
des États Membres.■
Jean-Loïc Baudet