Fatal error: Uncaught exception Exception with message Query error: UPDATE command denied to user 'afriquedtest'@'10.21.20.18' for table 'tl_search' (UPDATE tl_search SET url='lu-et-vu-141-kamerun-une-guerre-cachee-50-ans-apres-lafrique-et-quelques-pas-en-marche-africain', title='Lu et vu 141 : Kamerun ! Une guerre cachée ..., 50 ans après, l’Afrique et Quelques pas en marché africain', protected='', filesize='39.19', groups=0, pid='1861', language='fr', checksum='d3dbed4969a1ffb44f13539a55694f39', text='Lu et vu 141 : Kamerun ! Une guerre cachée ..., 50 ans après, l’Afrique et Quelques pas en marché africain C A D E Coordination pour l\'Afrique de Demain « Un autre regard sur l\'Afrique et les Africains » Kamerun! Une guere cachée aux origines de la françafrique (1948-1971) Deltombe T., Domergue M., Tatsitasa J., 742 pages, La Découverte, janvier 2011 C e livre, écrit par deux journalistes français et un jeune historien camerounais, constitue une somme considérable, pratiquement incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à cette période charnière de la fin de la colonisation et du début des indépendances. Le cas du Cameroun, où la France exerçait « seulement » comme au Togo, un mandat de l’ONU est certes spécifique, mais le livre resitue bien sa trajectoire dans les évolutions générales conduisant aux indépendances et aux conflits de la guerre froide. Les auteurs utilisent bien sûr les différents livres déjà parus (A. Mbembé, G. Chaffard, R. Joseph, Mongo Beti…), ainsi que des mémoires publiées ou inédites, mais ils ont fait un travail considérable de dépouillement d’archives camerounaises (celles de l’UPC mais aussi celles de Dschang, Yaoundé, Buea, Bafoussam) ou françaises avec les rapports des administrateurs coloniaux, des services de sûreté, des journaux de marche des officiers, des missions protestantes, en plus des sources plus connues des ministères, de la diplomatie, des services historiques de l’armée ou de Foccart. Ces archives sont confrontées ou complétées par plusieurs dizaines d’entretiens menés en 2008-2009 auprès des anciens acteurs, français ou camerounais. Au total, un livre de 665 pages serrées, plus 60 pages de notes et un index de 15 pages, toujours très argumenté, sans effets d’indignation morale un peu facile, tant l’énonciation simple des faits est suffisante. A mettre entre toutes les mains des partisans des bienfaits de la colonisation française. Ce livre permet d’analyser un pan oublié mais surtout occulté volontairement de l’histoire africaine et française. Celles d’un mouvement original, l’Union des Populations du Cameroun (UPC) créé en 1948 et qui milita sans relâche pour une indépendance réelle et une réunification des parties « francophone » et « anglophone », d’où la reprise de l’orthographe Kamerun, celle de la colonisation allemande qui couvrait les deux zones. On suit les différentes étapes de sa constitution, son extension à partir de ses bases initiales régionales (Douala, la Sanaga maritime et le pays bamiléké), ses formes d’organisation, ses combats, ses leaders successifs (Um Nyobé mort au combat en septembre 1958, Félix Moumié empoisonné par les services français à Genève en octobre 1960, Ouandié, exécuté en public en janvier 1971). Au départ, l’UPC est avant tout un mouvement politique, adepte de la non violence, trop confiant dans l’impartialité de l’ONU et dans l’appui des « pays frères ». La répression et son interdiction en juillet 1955 l’obligent à prendre le maquis et à mener la lutte armée, avec plus ou moins d’intensité, pendant une quinzaine d’années. Les auteurs montrent bien les originalités, les inventions et la qualité de son organisation et de ses leaders, mais ne cachent pas les luttes internes, les retournements, les divisions des directions en exil et le rétrécissement progressif de ses soutiens internationaux (Le Caire, Accra, Conakry). Le livre constitue aussi une partie de l’histoire française, depuis le recrutement des « volontaires » africains par Leclerc, débarqué à Douala en août 1940, les évolutions des positions gaulliennes, les débats de la IVème République, le changement d’affiliation du RDA du PC à l’UDSR, grâce à l’action conjointe d’Houphouët-Boigny et de F. Mitterand, la sélection et la mise en place des régimes africains « indépendants». Le fil rouge de la décolonisation traverse l’histoire du Cameroun. La majorité des grands responsables français, civils ou militaires, sont ainsi passés de l’Indochine à l’Algérie, puis au Cameroun, pour terminer au Gabon. Ils apportent avec eux les mêmes idéologies, la guerre « révolutionnaire » ou « contre subversive », théorisée par le colonel Lacheroy et la haine du communisme. A partir de l’Indochine et de l’Algérie, ils pratiquent les mêmes techniques de surveillance des populations, de retournement des opposants, de tortures, de camps de regroupement, de bombardements, d’incendies de villages, de créations de milices locales ou d’utilisation d’autres combattants africains, tchadiens ou congolais. Tout se déroule dans le silence ou avec la complicité des grands journaux français, le Figaro et le Monde particulièrement, qui caricaturent l’UPC et vantent les bienfaits du maintien de l’ordre et de la transition du pouvoir vers les nouvelles « élites » camerounaises. De son côté, l’Eglise catholique, très influente, part en « croisade contre l’organisation de Satan » et « excommunie les Upécistes et une bonne partie des syndicalistes dans la foulée ». Dans l’ambiance de la guerre froide, et malgré les nombreuses visites d’Um Nyobé à New-York, les diverses missions de suivi de l’ONU, qui doivent superviser le processus de décolonisation, restent superficielles et bien « organisées » par les autorités françaises. Elles ne jouent en aucun cas un rôle d’arbitre impartial ou de contrepoids. A part quelques exceptions, (les syndicalistes de la CGT qui organisent la première centrale syndicale et les Groupements d’études communistes dès 1944, un magistrat à Ngomgsamba, quelques responsables protestants), ce qui frappe à travers les archives et les entretiens, c’est la faible compréhension des sociétés africaines de la part des administrateurs coloniaux, l’utilisation des stéréotypes ethniques (les Bassas ou les Bamiléké ont tels défauts ou telles qualités), le racisme ou, au mieux, le paternalisme, la croyance en la supériorité blanche et en la non maturité des Africains à se gouverner. Ce qui est peut-être le plus troublant est que l’immense majorité des anciens acteurs français interrogés, 50 ans plus tard, ont très peu de recul ou de remords. Pour eux, la répression, les tortures, les élections truquées, les décisions prises à la place des Camerounais, étaient normales et justifiées dans le climat de l’époque. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que beaucoup de fonctionnaires coloniaux transformés en assistants techniques au moment des indépendances, ont véhiculé un certain type de « coopération », avec un « développement » venu de l’extérieur et sans participation réelle des populations et des cadres nationaux, qui remplace « la mise en valeur coloniale ». Cet aspect est particulièrement développé dans la quatrième et dernière partie du livre « Une dictature françafricaine (1961-1971) ». Celle-ci montre bien l’importance primordiale des conseillers à la Présidence et des assistants techniques dans les domaines politique, économique et militaire. Plus de 300 cadres français contribuent ainsi à la création de la nouvelle armée camerounaise, les cohortes d’énarques débarqués de Paris remplacent les administrateurs de l’ENFOM, « amenant avec eux une propension à transposer outremer les institutions et les manières de faire métropolitaines ». Certains accords secrets de coopération sont négociés directement entre conseillers à la Présidence, anciens administrateurs français et le représentant du gouvernement français, issu du même corps. Peut-être, les auteurs ont parfois trop tendance à sousestimer le rôle ou la personnalité des responsables camerounais, traités trop rapidement d’ « instruments », de simples « pions dans la partie d’échecs mis en scène par la France », ou de caractériser le régime d’Ahidjo comme « une farce, une mascarade ». Certes, le Cameroun, à cette époque, est très dépendant du soutien et de l’aide de la France. Mais Ahidjo, certains de ses ministres et services de sécurité, ont aussi une autonomie de décision et d’invention dans la mise en place d’un régime autoritaire, soutenu par le parti unique, au nom de l’unité nationale. Il est souvent difficile de distinguer les responsabilités, selon les époques, entre Français et Camerounais, dans cette guerre civile, qui fera au moins plusieurs dizaines de milliers de morts (probablement entre 50.000 et 100.000), les chiffres restant très variables selon les sources. Mais le gouvernement d’Ahidjo continue de se renforcer, contrôle et réprime de plus en plus la population et porte le coup final à l’UPC avec l’affaire de Monseigneur Ndongmo-Ouandié (1970-1971). L’exemple de la première Constitution camerounaise fournit un bon exemple de cette imbrication. Elle « est donc le fruit d’un syncrétisme inattendu entre des cultures juridiques très différentes, où les us et coutumes bamiléké se mêlent aux préjugés coloniaux et à la tradition juridique française centralisatrice. Mais tous les protagonistes se retrouvent autour de la nécessité d’un pouvoir présidentiel fort, voire écrasant » (page 386). Dans l’épilogue, les auteurs insistent sur la continuité de la Françafrique jusqu’à nos jours et le Cameroun, d’Ahidjo à Biya, en est effectivement une bonne illustration. Il serait peut-être utile de nuancer cette vision et de mieux prendre en compte, comme le fait A. Mbembé dans « De la postcolonie » (2000) et dans ses écrits récents, les différentes dynamiques spécifiques des société africaines, le déclin de l’influence française et la montée de nouveaux acteurs internationaux. Mais, il est bien exact que des entreprises comme Total et Bolloré ont continué à prospérer sous le régime Biya et continuent à ce jour à faire des affaires au Cameroun. Au-delà de ces nuances, Kamerun ! reste un livre essentiel, à la documentation impressionnante, qui restitue des pans oubliés ou occultés de l’histoire africaine et française. Pour les auteurs, qui s’efforcent « de renvoyer le lecteur aux sources, écrites et orales, sur lesquelles ils se sont appuyés », qui proposent parfois plusieurs interprétations possibles des mêmes événements, ce livre est « une invitation à poursuivre les recherches, à les compléter, à les corriger, à les nuancer ».■ Dominique Gentil 50 ans après, l\'Afrique Tidiane Diakité A vec « 50 ans après, l’Afrique », loin des mirages de l’afro-optimisme, Tidiane Diakité nous propose un retour aux fondamentaux. La faim : 32 % des Africains subsahariens, soit 265 millions de personnes, sont sous-alimentés. La brièveté de la vie : dans certains pays d’Afrique subsaharienne, l’espérance de vie n’excède guère 40 ans, voire moins. L’analphabétisme : dans nombre de pays, les taux de scolarisation (21 % au Niger !) n’atteignent pas 50 % et nombreux sont les enfants des rues et les enfants esclaves. Le sous-développement : richement dotée en matières premières, l’Afrique subsaharienne n’exporte pratiquement pas de produits transformés. La corruption : selon la Banque Mondiale, « les comportements prédateurs dans les services d’utilité publique coûtent à l’Afrique subsaharienne 5,7 milliards de dollars par an (1 % de son PIB) ». La démocratie s’est dégradée en dictature éventuellement héréditaire. L’exode : beaucoup de jeunes Africains tentent de fuir leur terre natale au péril de leur vie. Pourquoi le sous-développement ? Les duretés du climat intertropical ont certes été invoquées. Cependant, il existe des solutions techniques pour lutter contre la désertification et pour protéger la forêt. La traite négrière a durement impacté l’Afrique noire en raison du prélèvement démographique mais plus encore par les guerres internes liées à la capture des esclaves. La colonisation, outre ses effets économiques, a eu un impact psychologique : dévalorisation de l’histoire africaine, complexe d’infériorité… Mais ces marques sont-elles indélébiles ? « Bien sûr, la traite des Noirs fut, pour l’Afrique, une tragédie sans nom. Bien sûr, la colonisation fut une entreprise brutale, traumatisante et destructurante. Bien sûr, les Africains portent sur leurs épaules des siècles de souffrances, d’humiliations et de mépris. Oui, le néocolonialisme est une réalité incontestable. Oui, l’Afrique subit un pillage continu, aujourd’hui comme hier, par les pays riches, par les multinationales, avec ou sans la complicité d’Africains… » Mais la seule question qui importe pour les Africains, c’est : « Que fait-on ? » Quelles raisons d’espérer ? La Chine ? Elle se comporte en prédatrice de matières premières non transformées et, loin d’employer la main d’oeuvre africaine, elle exporte vers l’Afrique sa propre main d’oeuvre. La religion ? On assiste à un développement extrêmement rapide des sectes qui « se nourrissent de la misère réelle, mais aussi de la crédulité de leurs adeptes, misère et ignorance qu’elles contribuent à approfondir… S’il y avait autant de lieux d’alphabétisation et de cours d’hygiène, le pays s’en porterait beaucoup mieux. » C’est finalement sur les femmes et sur les jeunes que Tidiane Diakité fonde son espérance. Les nombreuses associations de femmes « bougent l’Afrique ». « Ce potentiel de dynamisme et de souffle novateur, lié à celui d’une jeunesse, la plus disponible au monde, est encore plus prometteur que les fabuleuses richesses matérielles que recèle le continent ».■ Louis-Luc Camier 50 ans après, l’Afrique, Tidiane Diakité, éditions Arléa, 2011, 300 pages, 22 Euros Quelques pas en marché africain Véronique Baisse, Jean-Pierre Guingané A uteur-photographe, Véronique Baisse, de Bamako à Ouagadougou, nous emmène au marché africain. L’ouvrage est à la fois une invitation et une promenade. Bien sûr, dans ces images, c’est d’abord la lumière qui frappe, vive ou dorée, et les couleurs multiples des pagnes, des fruits et de tout ce bric-à-brac. Mais grâce au texte, les autres sensations sont là aussi : la chaleur, le coin d’ombre, le vent de sable, les senteurs et les odeurs de tout, fruits, épices, bétail, poisson, beignets, grillades, carburants, et puis les bruits, les cris, les rires, la parole, les rencontres. En résonance avec ces magnifiques photos de visages, silhouettes, plans d’ensemble ou infimes détails, c’est toute la vie de ces marchés de ville ou de brousse qui surgit d’une page à l’autre. De quoi sont donc faits ces brouhahas, ces va-et-vient, tous ces croisements? Le marché africain est au coeur de la vie sociale. On y règle tout : les achats et les ventes certes, mais ce sont aussi les nouvelles qui circulent, les contrats qui se passent, ou les conflits qui se règlent… Le marché est le poumon vital de la ruralité africaine. Il est une part importante de l’économie informelle, de la richesse locale et de la vie relationnelle. Va-t-il survivre à la modernité ? A l’heure où la hausse des produits agricoles renchérit le coût des importations alimentaires, a-t-il ses chances, pour proposer à moindre prix les productions locales ? Véronique Baisse ne propose pas de solution ou d’alternative devant les menaces économiques ou écologiques qui peuvent peser sur les marchés de cette région sahélienne. Elle montre sobrement, avec sensibilité, écoute et respect, comment les choses se passent, se vivent, surtout pour les petites gens, les plus vulnérables, ceux qui se demandent souvent de quoi sera fait leur lendemain pour assurer le quotidien de la famille. Son livre, paru en 2010, a permis de soutenir momentanément des familles de maraîchers burkinabés, sinistrées suite à la rupture du barrage de Kaongo, commune de Saaba. Il est co-écrit avec le professeur Jean-Pierre Guingané, de l’Université de Ouagadougou. ■ Chantal Wallon Quelques pas en marché africain, Véronique Baisse, Jean-Pierre Guingané ; Beau livre, relié, 28x28, ISBN 978-2- 9536750-0-9, 35 euros, 144 pages ; Editions Véronique Baisse, La Planchette 74310 Servoz ; Courriel: veronique. baisse@gmail.com Dernière mise à jour : Mardi 11/06/2019 22:18 © 1996–2019 - La CADE Retour à l\'accueil, Logo de la CADE', tstamp=1571891850 WHERE id='745') thrown in …/system/libraries/Database.php on line 686
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