Fatal error: Uncaught exception Exception with message Query error: UPDATE command denied to user 'afriquedtest'@'10.21.20.18' for table 'tl_search' (UPDATE tl_search SET url='scientech-151-afrique-centrale-la-gestion-forestiere-durable-est-en-marche', title='Scientech 151 : Afrique centrale : la gestion forestière durable est en marche', protected='', filesize='35.27', groups=0, pid='1984', language='fr', checksum='94f58da0aa6a27d08bca986779442c7d', text='Scientech 151 : Afrique centrale : la gestion forestière durable est en marche C A D E Coordination pour l\'Afrique de Demain « Un autre regard sur l\'Afrique et les Africains » Afrique centrale : la gestion forestière durable est en marche Okoumé, Ayous, Tali, Azobé, Okan. Derrière ces noms étranges se cachent quelques-unes des essences d’arbres tropicaux qui peuplent le massif forestier de l’Afrique centrale dont la superficie en fait le deuxième de la planète après celui du Bassin amazonien. Directeur, depuis 2003, du Laboratoire de Foresterie des régions tropicales et subtropicales de Gembloux Agro-Bio Tech, au sein de l’Université de Liège en Belgique, le Professeur Jean-Louis Doucet connaît bien cette forêt, son histoire, les arbres qui la constituent, son fonctionnement et la gestion de ses essences. Modérément optimiste quant à l’avenir de ce massif forestier, dont les quelque 160 millions d’hectares sont plus que jamais confrontés dans certaines zones à une pression agricole de plus en plus importante et à celle des exploitants miniers, ce chercheur passionné et passionnant n’en est pas moins satisfait des progrès réalisés durant ces dernières années en matière d’exploitation « durable » de cette forêt fascinante. N’allez surtout pas qualifier de « vierge » la forêt d’Afrique centrale devant Jean-Louis Doucet. Car celui-ci ne ratant jamais l’occasion de remettre en cause tous les clichés qui, tel un fardeau, pèsent sur cette forêt qu’il étudie depuis une vingtaine d’années, vous expliquera alors que les populations Bantous, venues du nord, ont pénétré ce massif forestier, il y a déjà plusieurs milliers d’années, et qu’au sein de celui-ci vivaient déjà des populations de Pygmées. « Des fragments de poteries et des traces de charbon de bois retrouvés dans les couches superficielles du sol attestent de cette présence », confirme le chercheur belge qui précise que le climat régnant il y a environ 3000 ans dans cette forêt était plus saisonnier du fait d’un réchauffement, suite à la dernière grande glaciation. Or ces nouveaux arrivants se sont mis aussitôt à défricher la forêt pour se lancer dans l’agriculture itinérante sur brûlis, une pratique culturale qui a probablement favorisé le développement d’une grande partie des espèces d’arbres que l’on exploite aujourd’hui pour le bois, des espèces dites « héliophiles » en raison de leur important besoin de lumière. « La présence de ces espèces d’arbres dans la forêt d’Afrique centrale confirme que cette dernière, contrairement à ce qu’il est souvent dit à tort, a été plus ou moins modelée par l’homme pendant des siècles, voire des millénaires, au gré des déplacements de celui-ci », observe Jean-Louis Doucet. Ainsi, aujourd’hui, certaines de ces espèces héliophiles se régénèrent moins bien du fait d’une moins grande mobilité des populations. Comprendre la forêt pour mieux la gérer Essayer de comprendre quel est le passé des forêts d’Afrique centrale est l’un des axes de recherche du laboratoire de Foresterie que dirige Jean-Louis Doucet, un laboratoire qui s’intéresse principalement à la gestion durable des écosystèmes naturels tropicaux, prioritairement africains. « Il est important pour nous de reconstituer le passé des forêts de cette région d’Afrique afin de mieux comprendre comment elles sont susceptibles d’évoluer dans une perspective de changements globaux », explique -t-il. D’où les travaux développés autour de cette thématique en collaboration avec des équipes de recherche européennes et africaines. Ce laboratoire qui compte une vingtaine de personnes, dont un nombre significatif de doctorants européens et africains, a focalisé l’essentiel de ses activités sur les forêts du Gabon, du Cameroun, de la République du Congo, de la République Démocratique du Congo et de la République Centrafricaine. Il travaille principalement sur deux axes de recherche. Le premier concerne l’étude de l’écologie de la forêt avec des perspectives de gestion forestière. Le second s’intéresse à la gestion participative de la faune et des produits forestiers non ligneux. « La première thématique vise à mieux comprendre comment ces forêts évoluent afin de pouvoir proposer ensuite des modalités de gestion concrètes aux acteurs du développement et de la gestion forestière en Afrique », résume le chercheur. D’où parfois la nécessité d’approches assez fondamentales pour comprendre quelle est l’écologie des différentes espèces ligneuses, comment elles se régénèrent et quelle est leur dynamique de croissance, même si les perspectives de ses travaux sont finalement très appliquées. Dans ce cadre, ce laboratoire belge travaille en particulier avec des entreprises forestières privées sur une superficie d’environ 2 millions d’hectares. « Nous travaillons aussi avec des acteurs clés du développement que sont les communautés villageoises, au travers notamment de la foresterie communautaire, dans le cadre de projets financés en particulier par la Communauté européenne ou encore le Fonds Forestier du Bassin du Congo », précise- t-il. Concernant la seconde thématique, l’objectif de l’équipe de Jean-Louis Doucet est d’essayer de mettre en place des techniques visant à assurer une gestion optimale sur le long terme des différentes ressources de la faune et de la flore que prélèvent les populations pour leur consommation personnelle. Ce massif forestier de l’Afrique centrale, Jean-Louis Doucet le connaît donc bien. D’où, là encore, son agacement quand il entend certains soi-disant défenseurs de cette forêt s’en prendre à l’exploitation du bois tropical du fait qu’elle compromet la survie de cet extraordinaire réservoir de biodiversité. Et celui-ci de rappeler aussitôt que cette exploitation telle qu’elle se pratique aujourd’hui en Afrique centrale est extrêmement sélective puisque que Afrique centrale : la gestion forestière durable est en marche Regards sur la Science et la Technologie Jean-Louis Doucet © J.-L. DOUCET La Lettre de la Cade n° 151 - Avril 2012 page 9 l’on n’y prélève qu’un à deux arbres par hectare, ce qui représente 5 à 15 mètres cubes, « une quantité bien inférieure à celle qui est prélevée dans les deux autres grands massifs forestiers tropicaux en Amérique du sud et en Asie », observe-t-il. « Qui plus est, cet hectare sur lequel a été effectué ce prélèvement ne sera généralement visité à nouveau que dans plusieurs décennies », ajoute le chercheur gembloutois. Mais là encore, le cliché a la vie dure alors que l’exploitation forestière, telle qu’elle est menée dans certains pays d’Afrique centrale comme le Gabon ou le Cameroun, qui sont engagés depuis des années dans la refonte de leur législation forestière, contribue à la pérennité de la forêt tout en contribuant au développement d’une activité économique génératrice d’emplois pour les populations locales. Ni pessimiste, ni optimiste mais tout simplement réaliste N’allez pas croire pour autant que cet universitaire ne s’inquiète pas pour l’avenir de ce massif forestier pour lequel il se passionne. Certes, la conversion de la forêt tropicale en grandes terres agricoles telle qu’elle est hélas pratiquée massivement en Amazonie ne connaît pas encore cette ampleur en Afrique centrale. « Mais le danger est de plus en plus perceptible », lance-t-il comme un avertissement rappelant le triste exemple de la forêt d’Afrique de l’Ouest qui ne totalise plus que 10 millions d’hectares, ce massif étant de plus en plus morcelé du fait de législations forestières pas ou peu développées. Ainsi ce chercheur s’inquiète en particulier de l’extension de la culture du palmier à huile. Dans ce contexte, il ne peut donc que regretter certaines campagnes savamment orchestrées par des ONG (Organisations Non Gouvernementales) qui s’en prennent ouvertement à l’exploitation forestière. Les travaux de la FAO confirment que c’est essentiellement l’agriculture qui est à l’origine de la déforestation actuelle dans un contexte de pression démographique croissante. L’exploitation minière est une nouvelle menace qui connaît un développement considérable dans certains pays. « Alors arrêtons de culpabiliser le consommateur à propos de sa consommation de bois tropicaux, l’exploitation forestière étant un moyen efficace de garantir et de maintenir sur le long terme le couvert forestier, tout particulièrement lorsque ce bois est certifié ». D’où l’importance des recherches menées sur ce massif forestier de l’Afrique centrale par des équipes comme celle de l’Université de Liège. D’autant plus qu’au coeur de ce massif, tous les pays concernés ne sont pas confrontés à la même situation. « Prenez l’exemple de la République Démocratique du Congo (RDC), qui sort à peine de plusieurs années d’une guerre particulièrement meurtrière. Il est certain que le travail à accomplir dans ce pays au niveau de sa forêt n’a rien de commun avec celui qu’il reste à réaliser dans un pays comme le Gabon », explique Jean-Louis Doucet. A ce propos, il tient à souligner que plusieurs pays de cette région du monde ont commencé à légiférer dès les années 1990, à la suite du Sommet de Rio, afin d’adopter des législations exigeantes qui ont permis de mettre en oeuvre la gestion forestière durable. Autrement dit, cette Afrique, dont on ne montre bien souvent que les maux dont souffrent ses populations, a été l’une des premières à relever les défis lancés lors de ce sommet dont on célèbre cette année les vingt ans. Vingt ans durant lesquels d’énormes progrès ont été réalisés. Ainsi dans certains de ces pays couverts de forêts, des lois imposent désormais aux sociétés forestières de produire des plans d’aménagement extrêmement exigeants qui sont parmi les meilleurs du monde pour la zone concernant la forêt tropicale. « Ces pays s’engagent de plus en plus dans la certification forestière, processus qui garantit aux consommateurs que le produit qu’ils achètent est issu d’une forêt gérée correctement », note-t-il. Alors certes, la corruption qui gangrène tant le continent africain, subsiste dans ce secteur mais globalement « des balises ont été mises en place sur le terrain où les grandes concessions forestières ont accepté de réaliser des efforts considérables pour aller vers une véritable gestion durable du massif forestier de l’Afrique centrale », constate Jean-Louis Doucet. Ni pessimiste, comme c’est souvent le cas, hélas, quand on parle de l’Afrique, ni résolument optimiste, ce qui serait absurde étant donné l’ampleur des problèmes auxquels est confronté ce continent, l’universitaire Belge se veut tout simplement réaliste et souhaiterait que chaque acteur concerné par le massif forestier qu’abrite l’Afrique centrale, audelà des intérêts légitimes qu’il défend, puisse rester objectif. Et cela passe logiquement par une connaissance toujours plus poussée de ce massif forestier, tant de la part des différents acteurs étrangers que des acteurs locaux. D’où cette volonté du responsable de ce laboratoire belge, qui fait partie de l’Unité de recherche « Gestion des ressources forestières et des milieux naturels » de l’Université de Liège, de former des doctorants issus des différents pays d’Afrique centrale et, en quelque sorte, de « faire école » en allant enseigner, tout comme son collègue Cédric Vermeulen, notamment à l’Université de Kinshasa en RDC. « Il existe différentes sources de financement. Plusieurs de nos étudiants doctorants, issus en particulier de Côte d’Ivoire, du Gabon ou du Cameroun en bénéficient. Aujourd’hui, les efforts à réaliser doivent porter davantage sur l’amélioration du niveau général de formation des étudiants dans leur pays d’origine », constate- t-il. Le transfert de compétences par la formation de scientifiques africains doit résolument être une priorité pour les institutions académiques du Nord collaborant avec les pays du Sud.■ Jean-François Desessard Journaliste scientifique Contact : Jean-Louis Doucet Courriel : jldoucet@ulg.ac.be Dernière mise à jour : Mardi 11/06/2019 22:18 © 1996–2019 - La CADE Retour à l\'accueil, Logo de la CADE, Jean-Louis Doucet', tstamp=1571891882 WHERE id='435') thrown in …/system/libraries/Database.php on line 686
#0 …/system/libraries/Database.php(633): Database_Statement->query()
#1 …/system/libraries/Search.php(181): Database_Statement->execute('435')
#2 …/system/modules/frontend/FrontendTemplate.php(215): Search->indexPage(Array)
#3 …/system/modules/frontend/PageRegular.php(171): FrontendTemplate->output()
#4 …/index.php(266): PageRegular->generate(Object(DB_Mysql_Result))
#5 …/index.php(401): Index->run()
#6 {main}