On sait que le Nigeria et la RDC sont deux grands pays d’Afrique ; ce que l’on sait moins en
revanche, c’est leur foisonnement culturel. « Cela n’a rien d’étonnant. Le développement culturel,
est toujours en étroite relation avec le développement urbain et industriel », écrit Alain Ricard. Le
Nigeria est en Afrique le pays dont les écrivains sont mondialement connus. Wole Soyinka est notre
premier Nobel, Chinua Achebe a écrit Le Monde s’effondre, le best-seller africain de tous les temps,
Amos Tutuola est dans une certaine mesure le frère jumeau de Raymond Queneau, son traducteur
chez Gallimard, Ben Okri auteur de La Route de la faim, salué par Carlos Fuentes et Milan Kundera
est un auteur phare de la "World Literature". Mais Le Nigeria est aussi connu pour son cinéma
documentaire et pour sa littérature populaire, la littérature Onitsha. Ken Saro-Wiwa, l’écrivain ogoni
pendu par le dictateur Sani Abacha était d’abord un grand éditeur de littérature populaire, avant que
son roman Soza-boy ne lui apporte un rayonnement mondial.
Pour sa part, la République Démocratique du Congo, reste le pays de la critique littéraire africaine
par excellence. Citons George Ngal, le premier biographe d’Aimé Césaire, Locha Mateso, Pius
Ngandu NKashama et le philosophe Valentin Yves Mudimbe, l’auteur du célèbre The invention of
Africa. La RDC se caractérise également par le travail de ses plasticiens, dont le plus connu est
Chéri Samba. De plus, elle est en Afrique le pays d’élection de la bande dessinée. C’est en Afrique
francophone, le pays qui a la littérature populaire la plus dynamique. Zamenga Batukezanga, qui
écrit aussi bien en Français qu’en Lingala, en est l'illustre représentant. Il est en effet l'auteur d’une
cinquantaine de titres, tous publiés à Kinshasa aux éditions Saint-Paul.
Cette rencontre-débat s'interrogera donc sur ce marché culturel endogène de ces deux pays marqués
respectivement par le phénomène de la littérature dite d’Onitsha et l’essor de la bande dessinée.
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